Pourquoi cette initiative

Une filière historique, essentielle, aujourd’hui en grande difficulté

Ancrée dans le patrimoine historique réunionnais, la filière canne-sucre est bien plus qu’une activité agricole. Elle constitue un pilier structurant de l’identité réunionnaise, à la croisée de nombreux enjeux :

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Économiques,

elle mobilise plus de 2 300 exploitations qui génèrent des milliers d’emplois directs et indirects, et alimente une filière industrielle déterminante pour l’économie locale.

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Territoriaux,

car la canne structure le paysage rural et préserve des espaces agricoles sur l’ensemble de l’île.

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Environnementaux,

grâce à son rôle de couverture végétale, de lutte contre l’érosion et de valorisation énergétique par la bagasse.

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Culturels,

enfin, tant la canne fait partie du patrimoine historique et collectif réunionnais.

Pourtant, cette filière est aujourd’hui à la croisée des chemins, confrontée à de nombreux défis, à la fois locaux et globaux.

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Des difficultés locales qui s’intensifient

À l’échelle du territoire, la filière canne fait face à une série de fragilités croissantes qui mettent en péril sa viabilité économique, son attractivité et sa capacité à se renouveler :

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Baisse drastique de la production :

prévue à moins d’un million de tonnes en 2025

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Érosion des revenus agricoles

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Baisse des prix des produits liés à la canne :

la valeur des produits transformés issus de la canne ne cesse de diminuer

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Aléas climatiques plus fréquents :

cyclones, sécheresses, inondations… Les chocs climatiques fragilisent durablement les exploitations et remettent en cause leur résilience.

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Vieillissement des planteurs :

la moyenne d’âge augmente, tandis que la filière peine à attirer de nouvelles vocations, par manque de perspectives et de reconnaissance.

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Pressions foncières croissantes :

l’urbanisation et les conflits d’usage menacent l’accès au foncier agricole, essentiel pour la canne.

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Perte d’attractivité du métier :

pénibilité, incertitudes économiques, manque de reconnaissance du rôle du planteur… freinent l’installation de nouvelles générations.

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Un contexte international de plus en plus défavorable

Ces difficultés locales s’inscrivent dans un environnement mondial profondément instable, marqué par une concurrence exacerbée et l’affaiblissement des mécanismes de régulation, qui exposent directement les filières ultra-périphériques comme celle de La Réunion.

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Volatilité des marchés mondiaux :

les prix du sucre connaissent une forte instabilité, liée à des déséquilibres entre l’offre et la demande et à des tensions géopolitiques.

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Concurrence déloyale :

les pays à bas coûts de production (Brésil, Inde, Thaïlande, etc.) inondent les marchés avec des prix très inférieurs à ceux des productions ultramarines.

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Changements climatiques globaux :

la multiplication des événements extrêmes affecte la régularité des récoltes dans toutes les zones tropicales.

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Fin des quotas sucriers européens :

depuis 2017, les filières d’outre-mer sont exposées aux règles du marché mondial, sans mécanisme de protection ni filet de sécurité adapté.

Les données chiffrées

La canne à sucre occupe une place centrale dans l’agriculture réunionnaise, avec 19 145 hectares cultivés en 2024, soit un peu plus de la moitié de la surface agricole de l’île. Elle est présente dans plus de 2 400 exploitations, dont 79 % font moins de 10 hectares. La taille moyenne des exploitations cannières est de 9,9 ha, avec une surface moyenne cultivée en canne de 8,3 ha. Cette surface est en recul constant depuis dix ans. Près de 4 600 personnes travaillent dans ces exploitations, représentant environ 3 800 équivalents temps plein.

La filière sucre repose sur deux sucreries industrielles, qui assurent en moyenne une production annuelle de 143 000 tonnes de sucre (moyenne sur cinq ans), et représentent environ 700 emplois à temps plein.

La filière rhum, structurée autour de 4 distilleries indépendantes, 3 liquoristes et un GIE d’assemblage, emploie environ 1 100 personnes (directs, indirects et induits), dont 220 en direct. La production repose à 99 % sur du rhum de sucrerie à base de mélasse.

La filière énergie valorise les co-produits de la canne via deux centrales thermiques à biomasse et une centrale au bioéthanol, représentant une puissance installée de 271 MW.